Après un début d’année marqué par les hésitations, le marché du crédit immobilier retrouve un peu de visibilité en cet été 2026. Les taux se stabilisent, les banques continuent de financer les projets et certains établissements renforcent même leurs offres commerciales. Mais cette parenthèse favorable pourrait être remise en question à la rentrée.
Crédit immobilier : des taux stabilisés avant septembre 2026
Malgré la remontée de l’OAT 10 ans, repassée au-dessus des 4 % fin juillet, les banques n’ont pas choisi de relever leurs barèmes en août. Une stratégie assumée pour préserver la reprise de la demande observée depuis le début de l’été.
Selon le courtier Vousfinancer, les taux moyens restent ainsi à 3,30 % sur 15 ans, 3,40 % sur 20 ans et 3,50 % sur 25 ans. Les meilleurs dossiers peuvent encore négocier des conditions proches de 3 % sur 20 ans.
« Les banques ont fait le choix de ne pas répercuter les tensions obligataires sur leurs taux de crédit pour ne pas casser la dynamique de la demande », détaille Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.
Même constat chez Cafpi : en juillet, le courtier a obtenu pour ses clients des taux moyens de 3,16 % sur 15 ans, 3,31 % sur 20 ans et 3,43 % sur 25 ans. Pour les profils les plus solides, les conditions descendent encore à 2,98 % sur 15 ans et 3,10 % sur 20 ans.
Des banques toujours à la conquête de nouveaux emprunteurs
Cette stabilité ne signifie pas un retour à des taux historiquement bas, mais plutôt une période de négociation favorable pour certains profils. Les établissements bancaires cherchent toujours à attirer de nouveaux clients et multiplient les offres commerciales.
Plusieurs banques proposent encore des prêts à taux bonifié, notamment pour les primo-accédants ou les acquéreurs de logements performants énergétiquement. L’un des dispositifs lancés récemment prévoit ainsi un prêt à 1,99 %, jusqu’à 30 000 €, cumulable avec le PTZ, prêt à taux zéro et d’autres aides. « Ces prêts avantageux témoignent de la poursuite de la stratégie de conquête de clientèle des banques à la rentrée », analyse Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.
Cette concurrence bénéficie particulièrement aux meilleurs dossiers de prêt, notamment les ménages disposant d’un apport conséquent, les cadres et les primo-accédants bien préparés. Voir aussi - Dossier de prêt : comment se préparer ?
Rentrée immobilière 2026 : une fenêtre de tir avant de nouvelles incertitudes
Septembre pourrait être un mois stratégique pour les porteurs de projets. Après la pause estivale, les banques retrouvent généralement un rythme plus soutenu de traitement des demandes, tout en cherchant à atteindre leurs objectifs annuels de production de crédits. Pour les acquéreurs, préparer leur dossier dès août peut donc permettre de gagner du temps. Les établissements examineront notamment les revenus, l’épargne disponible, les relevés bancaires, les avis d’imposition et les éléments liés au projet immobilier.
Mais plusieurs facteurs invitent à rester prudents : évolution de l’OAT 10 ans, décisions de la Banque centrale européenne ou encore contexte géopolitique international pourraient influencer les conditions de financement dans les prochains mois. « Les banques vont, dans la mesure du possible, tenter de maintenir des conditions attractives pour profiter de la rentrée pour capter de nouveaux clients », analyse Julie Bachet.
Crédit immobilier : vers une stabilisation durable ?
Scénario plus optimiste pour Ludovic Laborde, CEO et cofondateur d’Eloa : « une stabilité des taux est le scénario le plus probable jusqu'à la fin d'année 2026 avec d'éventuelles baisses supplémentaires sur certains dossiers ».
A l’approche de cette rentrée 2026, le crédit immobilier semble donc entrer dans une nouvelle phase : moins marqué par une baisse généralisée des taux que par une capacité des emprunteurs à négocier les meilleures conditions. La rentrée sera l’un des premiers tests pour mesurer si cette accalmie estivale peut réellement s’inscrire dans la durée.






