A Lyon et sa métropole, le logement neuf reste grippé. A fin août 2026, d’après les chiffres présentés par la FPI Région Lyonnaise, les réservations reculent encore, tandis que l’offre disponible progresse. Un contraste qui traduit les difficultés persistantes du secteur de la promotion immobilière lyonnaise, malgré des prix désormais orientés à la baisse.
Le logement neuf à Lyon et Villeurbanne décroche davantage
Sur les huit premiers mois de 2026, 969 logements neufs ont été réservés dans la Métropole de Lyon, soit 15 % de moins qu’un an auparavant. La chute sous le seuil symbolique des 1 000 logements est particulièrement marquée dans la ville-centre : avec seulement 205 réservations, l’immobilier neuf à Lyon affiche un recul de 32 %. Villeurbanne résiste un peu mieux, avec 139 ventes, en baisse de 13 %.
Le ralentissement s’accompagne d’un net repli des lancements commerciaux. 1 138 logements ont été mis sur le marché dans la métropole, soit 13 % de moins qu’en 2025. Dans Lyon même, les mises en vente chutent même de 31 %.
Conséquence : le stock disponible atteint désormais 2 865 logements, en hausse de 9 % sur un an. Si près de 90 % sont encore sur plan ou en chantier ; le stock dur progresse également.
Des prix des appartements neufs qui commencent à lâcher
Cette accumulation de l’offre peut être l’explication à la détente des prix. Dans le secteur libre, hors stationnement et en TVA normale, le prix moyen atteint 5 345 €/m² dans la Métropole de Lyon, soit 4,1 % de moins qu’à fin août 2025.
La baisse reste toutefois modérée dans les deux principales villes : 6 217 €/m² pour le prix du neuf à Lyon (-2,2 %) et 5 239 €/m² à Villeurbanne (-2,4 %). Sur l’ensemble des réservations effectuées, tous segments confondus, le prix moyen ressort à 4 546 €/m² dans la métropole, en recul de 2 % sur un an. Trouver un logement neuf à Villeurbanne
La TVA réduite constitue néanmoins une exception : son prix progresse de 3,2 %, portée notamment par l’accession sociale et le BRS, Bail Réel Solidaire. Les acquéreurs utilisateurs représentent d’ailleurs 87 % des ventes en secteur marchand, tandis que les investisseurs restent quasiment absents depuis la disparition du Pinel.
Les périphéries résistent… sans vraiment prendre le relais
Le décrochage est moins brutal à l’extérieur de la métropole. Les communes périphériques totalisent 505 réservations, seulement 2 % de moins qu’en 2025. Mais l’offre y bondit de 39 %, à 1 563 logements, tandis que les mises en vente progressent de 64 %.
Cette dynamique ne traduit donc pas un véritable transfert de la demande lyonnaise vers le reste du Rhône. A l’échelle de l’aire urbaine, 1 474 réservations et 218 ventes en bloc constituent même le plus faible niveau enregistré depuis dix ans, selon la FPI et le CECIM.
Construire davantage pour éviter une pénurie demain
Le paradoxe lyonnais est désormais évident : l’offre disponible augmente aujourd’hui alors que la production future s’effondre. Seulement 1 801 logements collectifs neufs ont obtenu une autorisation de construire en 2026, contre 3 575 en 2025.
Pour la FPI régionale, l’enjeu est malgré tout de relancer la construction alors que la CERC Auvergne-Rhône-Alpes estime à environ 11 000 logements par an les besoins de la Métropole jusqu’en 2040. Avec un délai moyen de 12,4 mois pour obtenir un permis, la fédération appelle à accélérer les procédures et à replacer le logement neuf au cœur de la politique d’aménagement lyonnaise.






